Activités spéléologiques du C.A.F. d'Albertville

Ce blog présente l'activité spéléologique du C.A.F. d'Albertville au jour le jour. Celle-ci concerne principalement l'exploration et la recherche de nouvelles cavités, dans les Alpes françaises, mais également à l'étranger (Espagne, Asie etc...).

28 juin 2009

Retour à la Gandara

Dimanche 21 juin 2009

Participants : Gotzon Aranzabal, Diego Dulanto, Patrick et Sandrine Degouve

Nous voici de nouveau au bas de l’escalade de la Néo-Rivière, mais cette fois ci, le niveau d’eau est bas, rien de comparable avec notre explo avortée de janvier dernier. Au bas de la première verticale, l’écheveau de corde a été traîné sur quelques mètres ce qui confirme que lors des crues importantes d’hiver et du printemps, l’affluent est presque entièrement noyé. Au sommet du puits, nous éclairons la cheminée suivante où visiblement file le courant d’air. C’est un énorme tube creusé à l’emporte pièce. Malgré la puissance des Scurions, il est bien difficile de voir le sommet, d’autant plus qu’un ruisselet coule au beau milieu du conduit. Nous estimons à au moins 40 m la hauteur, mais de toute façon, ce n’est pas l’objectif du jour puisque nous avons prévu de poursuivre l’explo du méandre situé au sommet de la première escalade (46 m) et dans lequel nous nous étions arrêté au bord d’un petit puits. Gotzon l’équipe en un rien de temps. Dix mètres plus bas, après un élargissement ponctuel, nous remontons un méandre étroit au début et qui se heurte une cinquantaine de mètres plus loin sur une trémie concrétionnée et sans air.

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Gotzon au sommet du P.10 nous indique la suite, juste en face...


Visiblement la suite est au sommet du puits, juste en face de l’arrivée. Gotzon nous ouvre la voie, et nous retrouvons un conduit ventilé un peu plus grand mais très fracturé. La progression n’est pas très évidente et par endroits, il faut même désobstruer des passages. Après une petite pause casse croûte agrémentée d’un superbe Chorizo venu tout droit de Léon, nous reprenons l’explo. Une étroiture un peu plus sévère fait renoncer Diego qui entame un sérieux travail de désobstruction pour faciliter le passage. Pourtant, juste après, le méandre devient plus sain, moins tourmenté. Mais cette fois ci, c’est une escalade acrobatique qui fait caler Sandrine. Nous poursuivons donc à deux avec Gotzon mais buttons assez rapidement sur un méandre profond d’une vingtaine de mètres qu’il serait préférable d’équiper. Au bas, on perçoit nettement le bruits d’un ruisseau, sans doute celui de la néo-rivière, mais bien au de-là de son terminus.

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Diego dans la traversée du P.10


Revenus au sommet de l’escalade, nous allons reconnaître l’aval du ruisseau qui provient de la grande cheminée. Un bon courant d’air le parcourt. Nous descendons une série de ressauts très esthétiques puis tombons sur un beau méandre horizontal barré par une étroiture qui ne résiste pas longtemps aux coups de marteaux assenés par Diego et Sandrine. Derrière, le méandre descend encore de quelques mètres avant de rejoindre une courte galerie très ventilée qui rejoint un gros volume. Visiblement, nous sommes au plafond de la galerie des Tulipes, mais un puits d’une bonne vingtaine de mètres nous empêche de vérifier la jonction.
Nous fouillons encore un peu le secteur puis ressortons après une dizaine d’heures d’explo.
Près de 400 m ont été ajoutés au réseau dont le développement atteint désormais 100 957 m.

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Equipement d'un petit ressaut au bas de la grande Cheminée

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26 juin 2009

Explos à la Torca de la Garma de Bucebron

Nous avons découvert ce gouffre intéressant lors d'une prospection en avril sur les flancs de Pepiones. Profitant d'un court séjour au début de l'été, nous avons poursuivi l'exploration de cette cavité qui pourrait bien offrir un nouvel accès au réseau Cueto Coventosa.

Dimanche 14 juin 2009

Participants : Javier Jorde Lopez , P. et S. Degouve
Pour cette nouvelle exploration dans la torca, Javier se joint à nous et nous ne serons pas trop de trois pour porter le matériel dans les méandres. Arrivés à Bucebron, le temps est couvert et la courte marche d’approche se termine sous une pluie diffuse et une chaleur moite particulièrement propice aux courants d’air. Nous ressentons ce dernier bien avant d’arriver au porche d’entrée et contrairement à Pâques, il souffle violemment. En moins d’une heure, nous atteignons le sommet du P.17 à -85 m. Après avoir reconditionné le matériel, nous traversons le sommet du puits pour gagner le méandre repéré en avril. Une main courante est installée, puis nous progressons dans un joli méandre parcouru par le courant d’air. Nous traversons deux élargissements correspondant à des bases de puits et descendons quelques ressauts. Nous n’avons pas fait 50 m qu’un nouveau puits se présente mais il ne s’agit pas du P.30 que nous avions descendu la fois précédente et dont le fond s’était révélé impénétrable. Visiblement, c’est du gros et les pierres ricochent loin. Le méandre à cet endroit est percé de toute part et nous essayons de trouver l’accès qui sera le moins gourmand en corde. Nous optons pour l’orifice le plus bas et bien que la voie ne soit pas directe, l’équipement s’avère assez commode et semble éviter les cascatelles qu’on devine plus bas. Patrick s’y jette et enchaîne une série de petites verticales parallèles au puits principal (8 m, 11 m et 23 m). Une quarantaine de mètres plus bas, le conduit devient vraiment gros. La descente se poursuit encore sur une hauteur équivalente, mais malheureusement la corde de 100 m est bien trop courte. A vue, il reste une bonne vingtaine de mètres à descendre et grâce à sa Scurion flambant neuve, Patrick devine une salle de 20 à 30 m de diamètre avec peut-être l’orifice d’un nouveau puits. Bref, le trou n’est pas terminé et la suite semble bien sympathique. Nous remontons en faisant la topo et en regardant plus en détail les nombreux départs qui jalonnent le méandre. Nous sortons après 5 à 6 h d’explo sous un ciel cantabre mêlé de crachin et de brouillard.

Jeudi 18 juin 2009

Participants : Javier Jorde Lopez, Patrick et Sandrine Degouve
Un brouillard épais occupe le fond des vallées, et nous le perçons tout juste en arrivant à Bucebron. Nous entrons dans la torca vers 10 h 00 avec un courant d’air soufflant toujours aussi violent. En un rien de temps nous sommes à notre terminus. Patrick poursuit l’équipement et descend encore de 20 m avant de toucher le fond. En fait, le sol de ce qui semblait être une salle est loin d’être plat et la base du puits est surcreusée sur une dizaine de mètres. Du coup, il faudra donc remonter d’autant puis penduler un peu pour accéder à la suite. En attendant, à la base du puits, une autre petite verticale se présente, sans courant d’air mais autant ne rien laisser de côté. Sans trop de surprise, 14 m plus bas, le conduit faiblement actif se resserre sur un méandre impénétrable. Nous remontons et tandis que Javier et Patrick entament la topo, Sandrine équipe le petit pendule et le puits qui lui succède. La suite est beaucoup plus intéressante car la « salle » correspond à la convergence de plusieurs puits qui se prolongent par des verticales parallèles estimées à près de 80 m. Nous sommes à -205 m et les quelques 140 m de cordes emportés aujourd’hui fondent à vue d’œil. C’est rageant, car une fois de plus, nous buttons sur manque de corde vers -270 m et Sandrine nous annonce que la base du puits est encore 20 m plus bas. Il nous est bien difficile d’en faire plus aussi nous essayons d’atteindre les autres puits parallèles, mais visiblement leur profondeur est équivalente. Nous remontons tranquillement et sortons de la torca vers 16 h 30. Le gouffre avoisine désormais les 300 m de profondeur pour 435 m de développement, mais surtout, sa position à l’aplomb même du fond du Cueto nous permet désormais d’envisager une jonction.

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09 juin 2009

Du nouveau sur le Margériaz via Chavanu

Située sur le Margeriaz, la tanne Chavanu s’ouvre sur la droite de la combe de Chavanu 200m environ en amont de la gare du tire fesse, dans le talweg a gauche de la piste de ski (piste de gauche en regardant vers le haut de la station (à gauche de la gare de téléski). Cette tanne connue de longue date a été explorée par différents clubs de Savoie, et le dernier en date à avoir repris les explos est le club des ursus sous l’impulsion de Jean Botazzi, amené la par Patrick maniez.
Les ursus ont fait un travail de titan pour d’abord franchir la trémie terminale des précédentes explos, trémie qui présente un passage avec un enchevêtrement de blocs en équilibre qu’ils ont renforcé avec du ciment prompt.
Suite a cette trémie ils parcourent un méandre bas avec l’actif, qui se termine dans une salle confortable avec a sa gauche un départ en laminoir impénétrable a l’époque , mais parcouru d’un très fort courant d’air.
De très nombreuses séances sur plusieurs années (environ 12 séances), leur a permis de franchir en désobstruant environ 50 m de laminoir glaiseux, laminoir qu’ils ont franchi en fin d’année 2008.
Derrière ce laminoir ils découvrent 300m de galerie spacieuse avec à l’amont arrêt sur un laminoir ventilé a désobstruer et a l’aval un siphon de dimension correct.

 

Dans le courant du début d’année je suis invité par Aymeric des ursus pour aller plonger le siphon découvert au fond de chavanu.
Trois sorties ont été réalisées depuis :

7 février 2009
Participants : Aymeric et manu.
Plongée de reconnaissance du siphon ; 1 plongeur, 2h30 pour descendre au siphon, le siphon fait 25m pour 5m de profondeur, derrière une galerie avec voûte mouillante sur 20m puis a gauche remontant un amont de belle dimension (5 par 5), tout droit la suite de l’actif dans un méandre de 1 a 2m de large pour 5 de haut.
Le siphon équipé et la suite vue, je retourne auprès de Aymeric, nous reviendrons a plusieurs.
Le matériel est laissé devant le siphon : une combi neop 5mm, gants neop, masque, 2 bouteilles de 2l, 2 détendeurs, un sac.
Retour tranquille vers la surface, tpst 9h.

7 mars 2009
Participants : Aymeric et Manu, explo et topo post siphon.
Nous redescendons de quoi plonger pour un deuxième plongeur : 1 bouteille, 1 détendeur, une combi et un masque, des gants neop…un équipement light…
Le siphon est vite franchi et derrière nous attaquons le long travail de topo et d’explo.
Dans l’amont nous parcourons 150m environ et équipons un ressaut de 7 m et un puits de 14 m.
Au terminus de l’amont un méandre pénétrable (mais pas en neop au risque de les déchirer), nous arrête, il est possible qu’il donne en aval dans le méandre de l’actif ou nous avons trouvé un petit affluent avec un débit équivalent en rive droite.
Un petit système amont aval de dimension pénétrable est a poursuivre au bas du ressaut de 7m, avec du courant d’air.
Nous revenons vers le méandre actif et attaquons son explo ; au bout de 30 m environ nous sommes arrêtés au sommet d’un puits de 14 m, dont l’équipement même en décalant beaucoup reste très arrosé.
La suite reste dans les mêmes dimensions, à savoir un beau méandre de 1 a 2 mètres de large pour 2 a 20 de haut. Nous rencontrons un ressaut cascadant de 7m, que nous équipons dans l’eau sur un gros a.n., et après 300 m environ de première dans ce méandre nous décidons de nous arrêter sur... rien !
La galerie continue dans les mêmes dimensions… allez on cours sur 30m et on s’arrête au sommet d’un ressaut de 3m facile a désescalader.
Le retour au siphon est rapide, on se rééquipe, et vite on est de l’autre coté, il reste de l’air dans les bouteilles pour environ encore 4 explos.
Nous laissons tout le matériel de plongée et après des nouilles chaudes (réchaud gaz), nous attaquons la remontée, qui avec des sacs légers se passe très bien.
Nous sortons sur les pistes au milieu de la nuit, et nous croisons en luge les dameuses qui attaquent leur journée.
Tpst : 17h

Sortie du 29 mai 2009
Participants : Aymeric, Patrick Maniez, Manu.
Pour continuer l’explo Patrick nous rejoint et nous descendons et remontons le matériel de plongée pour lui.
Comme d’habitude nous sommes au siphon en 2h30 et les étroitures dans le laminoir d’argile sont de plus en plus faciles.

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Le méandre post-siphon après le P.14

Nous sommes efficaces et la plongée se déroule bien, vite nous posons les bouteilles et filons au terminus, Patrick est étonné de la taille du méandre (ça change de la tanne Carret !), et sans perdre de temps dés que nous rejoignons le cairn que nous avions fait nous attaquons la topo, Pat tire le fil, je fais les mesures et Aymeric prends les notes.
Le visées s’enchaînent très vite, nous croisons des ressauts que nous désescaladons, et après environ 150m nous arrivons a une cascade de 6m qui se jette dans un lac a l’entrée d’une galerie beaucoup plus grosse (salle Aglagla, 20 par 20 pour 30 de haut).

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Départ du S1

2 a.n. et un spit après nous voila à la nage pour traverser le lac, nous sommes dans une grande salle creusée a la faveur d’un affluent qui arrive a droite par un puits de 20 a 30 m, le sol est recouvert de beaux galets.
La suite après un carrefour de galeries qui se retrouvent après un court bouclage est de plus grande dimension (3 a 10 de large pour 5 a 20 de haut), nous quittons l’actif, pour une galerie fossile au sol et aux parois très foncées, avec des fossiles d’oursin (hauteriviens ?), nous suivons cette superbe galerie sur 200m environ avant de retourner dans l’actif qui est un méandre de dimensions plus grande que le premier actif après le siphon.

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Galerie en hauteur avant le siphon terminal.


Nous suivons ce méandre sur environ 150m avant de buter sur un puits de 14m au sommet d’une belle salle.
Vite équipé sur a.n., le puits est descendu et nous donne encore environ 150m de galerie qui vient buter sur un siphon, de toute beauté.

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Ambiance canyon

Nous commençons a chercher un shunt et nous trouvons une petite galerie perpendiculaire en hauteur qui nous donne sur un amont aval que nous topographions (environ 60m), et qui a l’aval après une forte descente dans le pendage redonne dans un siphon mais petit et boueux celui-la.
Nous voila à commencer le retour vers le s1 en regardant les différents départs, mais à priori nous ne trouvons rien hormis une possible continuation du méandre précédant le p14 terminale, mais de ce coté là il faudra faire de l’escalade artif probablement.
Pour retourner au s1 depuis le siphon terminale, nous mettrons 1h30, en fouillant, autant dire que malgré la distance le parcours est vraiment aisé.
Comme d’habitude on se transforme en plongeur (remarque avec plus de cailloux dans le sac c’est mieux pour couler !) ; et une fois de l’autre coté, nous plions tranquillement et mangeons des nouilles chaudes avant de prendre le chemin du retour, en sortant le matos de patrick.
A 2h45 je suis dehors, il me rejoignent vers 3h30, et a 5h30 tout le monde est dans son lit, après une sacrée explo de 16 heures.

Compte rendu : Manu Tessanne

Posté par explocaf73 à 20:30 - Explorations sur le Margériaz (Savoie) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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