06 novembre 2009
La spéléologie au C.A.F. d'Albertville
L'activité spéléologique au sein du CAF d'Albertville est principalement orientée sur la recherche et l'exploration de nouvelles cavités, dans les Alpes bien sûr, mais également en Espagne et au cours d'expéditions plus lointaines. Ces recherches sont souvent menées en collaboration avec d'autres clubs et notamment la Societé des Amateurs de Cavernes, le Spéléo-Club de Dijon, La Musaraigne, le S. C. Valence, le S.C. Argilon, l'A.C.E. Mataro etc...
Ce blog présente le résultat, au jour le jour, de ces recherches, sous forme de comptes rendus chronologiques et de photos. Une description des massifs concernés par ces recherches est développée sur le site http://karstexplo.fr/
Gandara, du côté de la Mère Denis...
Participants : D. Boibessot, P. et S. Degouve, D. Edo Teys, L. Garnier, Ch. Philippe.
Dimanche 25 octobre 2009
Comme en avril, nous avons décidé de retourner dans le secteur du Grand Puits pour terminer les explos dans les galeries de la Mère Denis et de Nestor. La météo est relativement clémente et en tout cas, la Cantabria, une fois n'est pas coutume, est particulièrement sèche en cet automne. Nous entrons tranquillement en début d'après midi et filons directement au bivouac 5. Il nous faut entre 2h30 et 3 h pour l'atteindre ce qui nous laisse le temps d'aller revoir quelques départs du côté de la galerie des 5.2. Nous revisitons plusieurs diverticules sans grand succès et dans l'un d'eux Dom jonctionne avec la galerie de la Proue située juste en-dessous.
Lundi 26 octobre 2009
Réveil matinal vers 6 h 30. A 8 h 30 nous sommes déjà dans la galerie de la Mère Denis. Nous aménageons l'escalade ébouleuse qui permet de rejoindre la galerie Nestor et partons en Amont. Une centaine de mètres après l'escalade, nous avions repéré un assez gros volume dans les plafonds du méandre et c'est par cela que nous commençons. Après une courte escalade, nous nous retrouvons dans un beau conduit qui double le premier sur plus de 150 m avant de le rejoindre par un toboggan raide et glissant. Plus loin, une galerie latérale parcourue sur 220 m nous permet également d'éviter une zone plus étroite. Pour finir, Christophe nous trouve un méandre sélectif que Dom met un point d'honneur à parcourir sur une trentaine de mètres de long. Il sera le seul... Avec toutes ces digressions, nous n'arrivons au terminus d'avril qu'en début d'après midi.
Dans la galerie Nestor.
Le laminoir qu'avait reconnu Christophe aboutit dans un joli ruisseau parallèle qui s'écoule sur un niveau de grès correspondant sans doute à celui rencontré dans le méandre des 2%, bien plus bas en aval. La progression, facile par endroit se gâte progressivement et après une perte progressive du volume des galeries, nous nous heurtons à des trémies après avoir progressé de plus de 650 m. Nous en avons plein les pattes et nous remettons à plus tard l'exploration d'un départ latéral entrevu par Dom. Il faut dire que nous sommes remontés d'un peu plus de 250 m par rapport au bivouac. Retour à ce dernier après une douzaine d'heures d'explos et un peu plus d'un kilomètre de topo.
Le ruisseau souterrain en amont de la galerie Nestor. Au sol, le niveau gréseux rappelle les conduits situés en amont du réseau. Mais ici, celui-ci est situé une centaine de mètres plus haut.
Comme nous l'avions constaté en avril, ce nouveau lieu de bivouac revêt bien des avantages même si la décoration un peu sinistre laisse quelque peu à désirer (il se trouve juste au contact d'un niveau marneux sombre et friable). Ici nous sommes à l'abri du courant d'air et globalement il n'y fait pas froid. L'eau courante est à proximité et sert également à évacuer nos surplus intestinaux à l'aide d'un sani-broyeur naturel mais efficace, en l'occurrence, le P. 100 voisin...
Au menu ce matin...
Mardi 27 octobre 2009
Pour varier les plaisirs, nous décidons de changer de secteur et d'aller revoir les trémies terminales de la galerie des Anesthésistes, via les Anémones et la galerie de la Mésentente. La première est une véritable trémie formée de blocs, roulés pour certains et qui laissent passer un très net courant d'air. Nous y passons un bon moment réussissant même à progresser de quelques mètres après désobstruction. Malheureusement, il faudrait être mieux outillé et il n'y a pas de suite évidente. Nous nous rendons ensuite dans la seconde branche (sud) dont le fond est plus complexe. La zone est très fracturée et nous trouvons plusieurs conduits qui se heurtent à des éboulis ou à des puits en relation probable avec le niveau inférieur. Nous dressons la topo, mais au final, nous n'avons rien découvert de transcendant. Aussi, nous revenons par l'aval de la Mésentente où il restait quelques diverticules à voir. Au sommet d'une courte escalade nous parcourons un enchevêtrement de petits conduits qui recoupent par endroit la galerie des Anesthésistes. On s'y perd un peu, Dany, lui est complètement largué...
Pour finir, entre quelques séances photo, nous continuons de fouiller tout ce qui nous tombe sous la main. Dans un angle de la galerie 5.2, Laurent se lance dans une désobstruction qui finit par passer et qui nous livre un joli petit ensemble de galeries concrétionnées. La journée est bien avancée lorsque nous revenons au bivouac après encore près d'onze heures d'exploration.
Au fond de la galerie des Anesthésistes.
Mercredi 28 octobre 2009
Il faut terminer le travail et nous devons maintenant retourner au fond de la galerie Nestor. Le cheminement est assez long et il nous faut plus de 2 h 30 pour arriver au départ entrevu par Dom. Ce n'est pas énorme et la galerie prend la forme d'un laminoir longeant une diaclase ébouleuse. Une diffluence contribue à diminuer le volume. Cela devient un peu pénible et boueux, malgré le courant d'air. Au bout de 350 m, celui-ci sort d'un méandre impénétrable . Nous abandonnons le secteur sans trop de regret et revenons par la galerie de la Mère Denis. Dom et Tof, font les guignols dans les plafonds et ça finit par payer car nous découvrons un joli conduit supérieur. Plus loin un autre diverticule nous retient un moment. Mais le temps passe et cela fait déjà près de 11 h que nous avons quitté le bivouac. Nous le rejoignons tranquillement et commençons à plier les bagages pour le lendemain.
Jeudi 29 octobre 2009
Retour tranquille à la surface. Dehors, il fait un temps superbe, idéal pour buller et récupérer avant la prochaine explo au gouffre Aitken. Au total, le réseau s'est agrandit de 2 bons kilomètres à 103 558 m.
Au détour d'une galerie...
Info : Patrick Degouve
20 octobre 2009
Gouffre des Cartouches à petits pas...
Dimanche 18 octobre 2009
Participants : Patrick et Sandrine Degouve, Patrick Maniez
Il fait frisquet dans la vallée d'Ablon et nous avons hâte de franchir le pas du Freu afin d'être au soleil sur le versant est du mont Teret. La fine pellicule de neige n'est pas très gênante et sous terre la sécheresse est encore de rigueur. Nous descendons dans la foulée et peu avant midi nous sommes au terminus à -206 m. Un premier puits de 24 m est équipé hors crue. A - 230 m les parois se ressèrent au sommet d'un ressaut de 4 m. Après une nouvelle étroiture, c'est le couac ! Une étroiture, impénétrable sans travaux, nous empêche d'accèder au puits suivant estimé à une dizaine de mètres. Le secteur est sérieusement exposé aux crue et nous apprécions l'étiage de cet automne. En l'absence de matériel de désobstruction, nous sommes totalement démunis pour aller plus loin. C'est énervant !!! Il ne nous reste plus qu'à remonter en faisant la topo. Dans les étroitures de -150 m, nous vidons le perfo pour essayer d'améliorer le passage. A 16 h 30 nous sommes dehors. Globalement, le trou reste bien physique et il serait temps d'aménager certains passages...
Info Patrick Degouve
15 octobre 2009
Goule Verte (Vercors)
Mardi 13 octobre : grotte de Goule Verte (Saint-Julien en Vercors - 26)
Plongeurs : D. Bianzani (GECKOS), J.C. Pinna (FLT), M. Tessane (CAF Albertville), S. Lips (G.S. Vulcain) Porteurs : David B. (GECKOS), Jean-Claude P. (FLT), Manu T. (CAF Albertville), Stéphane L. (G.S. Vulcain)
Cette fois, nous sommes 4 pour continuer l'explo des galeries post-siphons de Goule-verte. L'ambiance est sympa, et le Manu, loin d'en être calmé, est deux fois plus en forme que d'habitude (entendez par là qu'on a eu du mal à profiter du calme, habituellement si reposant, du monde souterrain...).
Nous atteignons sans encombre notre terminus de la précédente sortie et avançons en faisant la topo. Nous buttons rapidement sur une belle galerie amont-aval. Comme prévu, l'aval fini par rejoindre l'autre coté du S3. Le fil de Clarys est en place. Celui-ci avait franchi le siphon, mais n'était pas sorti de l'eau à cause de l'exigüité de la galerie (tout est relatif : il avait un Bi 9L sur le dos...). La galerie amont se développe toujours le long de la diaclase, mais des failles transversales entraîne quelques accidents de parcours. Après un ressaut, et un point bas qui doit siphonner en temps normal, nous débouchons dans une jolie salle sur faille, de 8 m de haut par 15 m de long et 5 m de large. la galerie continue et après un second point bas, nous buttons sur une bifurcation.
A droite, la diaclase continue mais se pince de plus en plus. Nous la fouillons pendant un certain temps, mais sans succès. A gauche, un laminoir nous amène dans une petite galerie qui semble active en temps normal. Nous décidons de stopper l'explo ici : il se fait tard... et on a du chemin à faire jusqu'à la sortie. Tout comme l'aller, le retour se passe sans encombre et la sortie de l'ensemble du matos de 4 plongeurs du siphon jusqu'à l'entrée est de nouveau un grand moment d'efficacité (qui a dit bourrinage ???), dont je ne décrirait pas le déroulement ici à cause de la présence de mineurs sur cette liste...
En tout, nous avons relever 300 m de topo supplémentaires (dont 250 m de première). Il va falloir revenir pour explorer la suite ! La cavité développe maintenant 1195 m topographié (à rajouter environ 100 m non retopographiés dans la zone d'entrée).
En attendant la topo définitive (et les photos de David), voici déjà le squelette des nouvelles parties explorées.
La suite au prochain épisode !
Info : S. Lips
04 octobre 2009
Gouffre des Cartouches,news...
Samedi 3 octobre 2009 :
Grand beau temps sur les Glières et sécheresse prononcée. Ce sont les conditions idéales pour retourner travailler au fond du gouffre des Cartouches. Nous sommes 3 : Dom Boibessot, Patrick et Sandrine Degouve. Nous entrons dans le gouffre vers 10 h 30. Au bas du premier puits, le glacier a encore fondu et les déviateurs sont de plus en plus sportifs à passer. En une petite heure nous sommes au fond à -155 m. Au premier abord, le travail paraît plus important que prévu car le passage étroit qui barre le sommet du puits mesure plus d'1,5 m. Derrière, il y a une verticale d'environ 10 m. Il nous faudra revenir à la charge par deux fois. Heureusement, il y a de l'air et les gaz sont vite évacués. Finalement ça passe et vers 14 h nous pouvons goûter à la première. N'ayant pas beaucoup de corde, nous l'économisons au maximum. La première verticale fait 11 m. Au bas nous agrandissons la tête du puits suivant qui se développe le long d'une fracture bien marquée. Nous descendons encore de 22 m jusqu'à un large palier qui doit être bien arrosé en crue. Entre les mains courantes, et les fractionnements, nous avons consommé tout notre stock de corde. Le ressaut suivant (7 m) est descendu en oppo mais au bas, nous sommes obligé de nous arrêter définitivement au bord d'un nouvel à-pic estimé à une quinzaine de mètres. Dom fait une petite traversée en direction d'un puits parallèle mais là aussi, il faudrait équiper. Nous sommes à -206 m et rien indique encore la destination de ce gouffre. Nous ressortons à la nuit tombante après 9 h d'explo.
Patrick Degouve














