Dimanche 24 janvier 2016


Participants : Yann Gardère, Julie Siegel, Patrick Maniez, Pascale Bottazzi.

TPST : 9h

Contexte : Suite d'une visite initiée la veille par Yann et Julie, Vincent, Jackie, Caro, Patrick.

Au programme : déplacer des cailloux.

Il fait beau et le parking des hauts d'Arith se remplit progressivement. On s'équipe, on se munit d'un seau de chantier, et c'est parti. On entre dans le FE aux alentours de 11h. 

Le courant d'air est sortant, alors qu'il aspirait la veille. On doit être à - 45m, devant le départ d'un mini méandre descendant. On se relaie et on creuse dans un boubier qu'une petite arrivée d'eau alimente. On se rend vite compte que les bords sont en partie colmatés par du remplissage, et que des dépôts de calcite recouvrent une bonne partie de la petite galerie, en particulier le plancher qu'on arrive à percer grâce à la "burinette"...  on purge le trop plein acqueux qui s'écoule complaisamment. Cela dit, on n'en a pas encore fini avec l'élément liquide : vraisemblablement, ça fond en surface. Burin, massette, pied de biche, seau, motivation : on a tout l'attirail nécessaire ; et ça avance.

Plus ça va, plus on s'approche des 2 stalagtites qu'on a en ligne de mire et Yann s'excite de plus en plus : devant, c'est noir et ça résonne, et lui qui était presque aphone retrouve sa voix, surtout pour nous dire d'écouter le bruit que fait le caillou qu'il lance : 3 rebonds, au moins 20 mètres !!! Le puits est placé immédiatement à la sortie du boyau. On fait le point du matos d'équipement disponible, et on se répartit les rôles : Julie a pour mission de retrourner à la voiture pour ramener la trousse avec les ancrages et les mousquetons, je l'accompagne dans la partie verticale (pas si simple à négocier), puis on repasse le boyau avant la base du ressaut. Là, je récupère le kit du perfo, le sac contenant la corde de 70m, le baudrier de Patrick et le casque anti-bruit... retour. (pour revenir à peine plus tard pour les bouts de sangles et 2 rataillons de corde).

Patrick et Yann équipent, parfois de manière originale, telle cette concrétion transpercée dans sa largeur pour permettre un "nat"... la mèche du perfo dans la calcite et la sangle dans l'espace créé ; si si ! c'est joli.

Le puits ne fait pas 20 mètres... il fait plus !!! environ 45. De dimension généreuse, plus on descend, plus c'est grand. Quelques fractionnements, en fonction de la roche. On se retrouve tous les quatre en bas. De l'eau ruisselle d'un peu partout. On est face à un amas de blocs ; le courant d'air indique la suite sans ambigüité... dans la flaque et sous la douche, avec un obstacle en prime : un gros bout de calcaire en plein milieu. De toute façon, on est déjà tous trempés. C'est Patrick, le corps en partie immergé, qui se dévoue pour secouer le bloc qui gêne... et ça libère une suite pas bien engageante à priori ; mais ça résonne et laisse supposer la présence d'une grande salle ou d'un nouveau puits.

Yann passe devant et nous dit que ça descend toujours et que c'est grand ! On installe une main courante, je m'approche. Le mini cours d'eau descend une petite margelle. Opportunément, un espace restreint permet de se tenir debout, face à une étroiture à hauteur de la margelle précédente. La suite est là.

Dans le conduit derrière moi, Julie me fait passer le kit du perfo que je transmets à Yann. Ce faisant, elle crée sans s'en douter une retenue d'eau qui se libère d'un coup au moment où elle fait mine de rebrousser chemin... Simulation de crue en quelques secondes de présence... on rigole.

Yann passera l'étroiture la tête la première une fois la corde installée. En face, sous le plafond, il faut se remettre à plat-ventre et appréhender un passage sévère. Pour passer cette étroiture, je préfère engager les pieds en premier. La corde n'étant plus en tension, je repousse provisoirement le kit installé pour limiter les frottements de la corde sur la margelle, histoire de regagner un minimum d'espace ; reptation dans l'étroiture, ça passe juste pile.

Derrière, on prend pied en haut d'une méduse de calcite. C'est grandiose. Sur la paroi proche, à ma droite, des colonne blanches et grises. Loin en face, une paroi lisse, la roche semble être d'une autre nature. Vue d'ensemble, vraisemblablement un amont à droite : ça ressemble à une galerie qui descend à 45% jusqu'au point bas, constitué de blocs, environ 15 mètres plus bas sur la gauche...

Yann remet une série d'amarages afin de poursuivre la descente... par chance, la corde est assez longue ! Il se faufile entre les blocs, là où l'eau s'écoule, et avance autant que possible... et bien ça descend encore ! Il faudra revenir avec du matériel, tout ce qu'on a emmené étant désormais en place.

Au final, par cette séance, on a multiplié par 2 la profondeur de ce trou. D'après les relevés topo, on est à l'aplomb de Fitoja (Litorne)... Yann envisage une arrivée possible juste avant l'entrée de la salle... ou bien nous serions en présence d'une autre salle insoupçonnée ? : )

On attend la levée du mystère avec impatience avec une nouvelle sortie dans la semaine. 20h30, retour aux voitures sous les rayons de la pleine lune ; quelques coups de fil pour annoncer l'avancée de l'exploration, la suite s'organise.

Pascale Bottazzi