Mercredi 16 janvier 2013

 Participants : O. Parsy - E. Tessane

TPST : 10h45



      La petite dernière des tannes a été désobstruée et explorée en 2009 par le CAF Alberville jusqu'à un siphon cote -322.
Lors de deux sorties en janvier 2010, P. Magniez et E. Tessane fouillent les plafonds de la zone terminale, et remontent un affluent cote -264 qui leur permet de retrouver un méandre aval jusqu'à une étroiture infranchissable en sommet de puits...
Début 2012, en 2 sorties, le siphon terminal est plongé par Manu qui poursuit l'actif jusqu'au sommet de ressauts nécessitant de la corde. Ce dernier remarque des arrivées dans les hauteurs du méandre post-siphon...

      Et voilà comment on se retrouve sur les routes enneigées qui conduisent au Margériaz, après une mauvaise nuit chacun !
La météo est au grand beau (comme nous 2 d'ailleurs !), et les abondantes chutes de neige de ces dernières heures offrent un paysage somptueux.
Il fait très froid ce matin sur le parking, mais comme nous avons déjà du mal à garder les yeux ouverts, nous décidons de nous garer à l'ombre pour ne pas être ébloui par le soleil... On peut être très con parfois, et nous attrapons vite une onglée digne de ce nom...
Il est 10h : les 200m de marche d'approche sont effectués en trottinant, et le glacial courant d'air aspirant du trou nous transperce.
Les amarrages des fractio du P70 d'entrée ayant été volés, il faut bricoler pour équiper la descente. Le méandre désobstrué qui lui fait suite est marécageux, mais rapidement franchi et nous atteignons le P30 suivant. A sa base, les parois se resserrent à nouveau et quelques contorsions sont nécessaires pour prendre pied dans le fameux méandre des Pièces Jaunes. Le fort courant d'air aspirant semble partir dans l'amont, tandis que nous nous enquillons vers l'aval. Sans être extrême, la progression reste physique, à l'égyptienne, sac sur une épaule ou mousquetonné à la ceinture; le sol est très glissant et les parois accrochent, et il faut rester vigilant pour préserver sa combinaison. Bref, son nom est bien trouvé!
Une grosse boucle fossile dans laquelle on remarque plusieurs départs et arrivées en hauteur marque la fin de ce long méandre, puis quelques passages boueux précèdent le retour dans l'actif.
Le méandre qui suit est plus large, mais aussi beaucoup moins haut (2m en moyenne), ce qui laisse penser qu'il existe un étage sup encore inconnu. Par contre le sol est toujours très mondmilcheux, et de nombreuses marches ponctuent la progression: c'est un peu casse gueule, et il faut rester concentré à chaque pas. C'est le méandre de l'Escalier je crois? c'est vrai qu'il ne faut pas tomber dans un escalier...
Un boyau pénible permet de court-circuiter un pincement impénétrable du méandre, puis nous poursuivons jusqu'au sommet du P20 suivant, qui correspond avec l'arrivée de l'affluent où nous allons bifurquer.
A sa base, nous laissons donc l'aval pour remonter cet affluent: quelques passages étroits, un P8, puis à nouveau des passages étroits et nous arrivons enfin dans un élargissement appréciable. L'actif qui provient d'un tout petit méandre tombe en cascade, tandis que nous remontons sur la droite un P10 conduisant au départ d'un méandre aval fossile. Ce dernier est globalement de belles dimensions mais de nombreux resserrements ralentissent notablement la progression. Nous arrivons bientôt devant une coulée de calcite fermant complétement la suite. Par une escalade exposée, nous gagnons son sommet et atteignons ainsi le terminus de l'exploration précédente; il est 13h.
Un rapide coup d'oeil permet de faire un état des lieux: il y a en fait deux lucarnes distinctes en sommet d'un même puits. La 1ère est un entonnoir glaiseux à souhait et long de 2.5m qu'un pied de biche permettrai sans doute de franchir, mais nous n'avons pas cet accessoire...
La 2ème est un étroit toboggan dans la roche compacte, qu'il faudrait dynamiter sur 2 mètres. Nous choisissons cette option.
Je perce 2 trous de 8x550 et prépare le 1er tir, pendant que Manu aménage tant bien que mal l'étroiture au sommet de la coulée de calcite. Nous sommes très humide et l'argile présente colle merveilleusement à nos combinaisons... Dire qu'il fait soleil dehors...
Nos efforts dégagent beaucoup de vapeur d'eau, qui a bien du mal à s'évacuer: nous sommes dans le brouillard! Est- ce que les gaz vont quand même s'évacuer? Par précaution, nous rapatrions les sacs jusqu'à la base de l'escalade d'où nous déclenchons le tir, et en profitons pour manger un bout.
Puis nous allons voir le résultat, purgeons rapidement les blocs qui débaroulent sur plusieurs dizaine de mètres avant de faire 'plouf'... Le courant d'air n'est pas très sensible mais les gaz sont partis.
Je reperce 2 nouveaux trous, je charge, déclenche, et cette fois nous retournons chercher des cordes stockées un peu en amont, autant pour nous réchauffer que pour permettre le dégazage des lieux.
Nous en profitons ainsi pour équiper sommairement l'escalade de la coulée, puis nouvelle purge, nouveau perçage, mais la batterie rend l'âme avant d'avoir fini le 2ème trou. Aussi, nous en restons là pour aujourd’hui, nous refaisons les kits après avoir déposé les cordes et amarrages prévus pour la 1ère (soit 1C37, 1 C20 et 8 plaquettes+goujons), et amorçons le retour à 16h30. De retour dans l'actif, nous faisons une pause pour nous préparer des pâtes chinoises et du café car nous n'avons rien bu depuis quelques heures déjà, puis continuons vers la sortie. L'odeur des gaz est présente dans l'affluent ainsi que dans le méandre principal, ce qui est plutôt de bon augure quant à la réussite de cette désob, non?
La remontée se passe bien et n'est pas aussi pénible que ce à quoi je m'attendais. J'ai même qualifié cette tanne de beau trou, ce qui m'a valu les railleries de Manu! Mais en fait je crois que quand on connait l'Ostrogault sur l'Alpette, on relativise un peu l'idée qu'on se faisait d'autres bouzes...
Nous prenons pied sur la passerelle métallique dominant le P70 à 20h45, le courant d'air est démoniaque à ce niveau. Nous tirons la corde avec déjà l'onglée, courons jusqu'à la voiture en essayant de ne pas nous faire écraser par les dameuses de la station, puis nous nous changeons rapidement avant de nous précipiter dans les toilettes chauffées, en attendant que le moteur chauffe un peu également.
Bon, ben voilà, c'est pas la mer à boire et ça continue en plus... C'est quand qu'on y retourne?

à suivre

olive