Ce bel automne nous a permis de remonter de nombreuses fois sur les Glières et notamment sur le Mont Teret. La révision de cavités souvent connues et la descente d’une multitude de puits bouchés ne nous ont pas complètement usés, même si cela peut paraître assez besogneux. Parmi les bonnes surprises, nous avons redécouvert le T5, marqué par la SSG et dont nous n’avons pas trouvé trace dans la biblio. C’est un beau méandre entrecoupé de puits (dév. 255 m, prof. :-64 m). La topo a été refaite. Dans le MT 260, la fonte d’un névé nous a permis de descendre jusqu’à -36 m (bof…) et idem dans un certain nombre de cavités plus modestes. Ce week-end, c’est dans le gouffre des Cartouches (MT 255) qu’est venue la bonne surprise. A-80 m nous avions réussi, il y a 15 jours, à ouvrir un étroit passage dans une diaclase ventilée. Une seconde désobstruction à l’éclateur était venue à bout d’un rétrécissement sévère. Derrière, un ressaut de 5 m nous donna accès à un beau méandre avec amont et aval. L’amont remonte dans des cheminées (P.20 ?) quant à l’aval, il se pinçait au-dessus d’un puits estimé à une quinzaine de mètres.

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Sandrine devant la diaclase désobstruée à - 80 m.

Ce week-end, nous sommes 5 (Etienne Bunoz, Patrick et Sandrine Degouve, Erwan. Merendet et Damien Troccaz). Un courant d’air glacial nous accompagne tout au long de la descente des premiers puits ainsi que quelques projectiles balancés par des pieds et des sacs trop pressés de « bouffer de la première ». Il faut reconnaître qu’à -40 m, un gros glaçon se réchauffe doucement, libérant peu à peu de gros blocs qui ne demandent qu’à rejoindre le fond du gouffre. En une heure de travail « musclé », l’étroiture n’est plus qu’un pâle souvenir.

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Etienne dans l'ex-étroiture de -90 m

Derrière, nous descendons un joli puits de 23 m entrecoupé de paliers et de banquettes. La suite plonge dans une seconde verticale de 9 m puis une série de gradins menant à -150 m. A ce niveau, le méandre se rétrécit considérablement au point que nous le jugeons impénétrable.

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Erwan au-dessus du P.23

Mais en y regardant de plus près nous constatons que de grosses lames pourraient bien être prélevées pour y voir plus clair. Pendant près de 3 h nous allons nous relayer pour tirer, casser et extraire ces méchantes molaires. Au bout du compte, le conduit ne paraît plus si petit et un fignolage au percuteur nous permet même d’ouvrir un petit puits de 5 m. Au fond, ce n’est pas gagné car un nouveau méandre étroit occupé d’argile (sèche heureusement) et de lames nous fait à nouveau barrage. Mais le courant d’air aspirant est très net et sa présence se lit sur les parois desséchées à son passage. Il faudra revenir. En attendant tout le monde commence à être frigorifié. Retour tranquille à la surface après 7 heures d’explo. La topo annonce une profondeur de -155 m.

Patrick Degouve

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Damien semble apprécier...

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